l’estime de soi chez les adolescents


Mon ado souffre des réseaux sociaux : comment la psychanalyse peut L’aider ?


Votre enfant semble aller bien… mais pas vraiment.

Il rentre du collège, il s’enferme dans sa chambre. Il est sur son téléphone mais il n’a pas l’air de s’amuser. Il dit que tout va bien. Et pourtant vous sentez quelque chose. Une distance, une irritabilité, parfois des larmes sans explication. Ou alors il parle, mais vous ne savez pas quoi lui répondre : « les autres ont plus de likes que moi », « personne ne me commente », « je suis nul(le) comparé à eux ».

Ce que vous observez, ce n’est pas une crise passagère d’adolescence. C’est une question fondamentale que se pose votre enfant : est-ce que je vaux quelque chose ?

Ce qui se passe vraiment derrière les écrans

Les réseaux sociaux ne créent pas cette question. Ils la révèlent — et l’amplifient sans y répondre. Un « like » peut rassurer pendant quelques minutes. Mais il ne construit rien. L’adolescent revient en chercher un autre, puis un autre encore. Parce que ce qu’il cherche, au fond, ce n’est pas un chiffre : c’est la certitude d’exister aux yeux des autres.

Ce besoin de validation est normal. Mais l’adolescence est précisément la période où l’on doit apprendre à se regarder soi-même — sans se perdre dans le regard des autres. Quand ce travail est entravé, la comparaison permanente devient souffrante. Le moindre commentaire négatif prend une dimension dévastatrice. L’image de soi devient fragile, instable, dépendante de l’extérieur.

Ce que change la psychanalyse concrètement

En séance, l’adolescent trouve quelque chose de rare : un espace où il peut parler sans être jugé, sans que l’adulte en face cherche à le corriger ou à lui donner des solutions. Ce n’est pas anodin. Beaucoup d’ados n’ont jamais expérimenté cela.

Au fil des séances, plusieurs choses se transforment :

Il commence à mettre des mots sur ce qu’il ressent. Ce qui était une douleur floue — « je me sens nul » — devient quelque chose de plus précis : une déception, une humiliation ancienne, une peur d’être rejeté qui vient de bien avant Instagram. Nommer, c’est déjà moins subir.

Il identifie ce qu’il cherche vraiment sur les écrans. Quand cette réalité peut être dite et entendue, le besoin compulsif perd de son emprise.

Il retrouve une image de lui-même qui ne dépend plus du regard des autres. C’est le travail le plus long — et le plus transformateur. Progressivement, l’adolescent reconstruit quelque chose de plus stable : un sentiment de valeur qui vient de l’intérieur, pas du nombre d’abonnés.

Le téléphone ne disparaît pas. Mais il reprend sa juste place, un moyen, un outil.

Ce que vous pouvez faire en tant que parent

La première chose utile est de ne pas minimiser : « c’est que des réseaux, c’est pas grave » car cela coupe le dialogue. La deuxième est de ne pas surréagir : confisquer le téléphone soulage votre anxiété, mais ne traite pas la sienne. Ce qui aide vraiment, c’est de maintenir un espace où il peut parler — sans que vous cherchiez à tout résoudre.

Et si vous sentez que vous avez besoin d’aide pour traverser cela avec lui, c’est tout à fait normal de consulter.

Vous êtes à Nîmes ou dans le Gard ?

Je reçois les adolescents en consultation individuelle, dans un cadre confidentiel et bienveillant. Les parents peuvent également être accompagnés séparément. La durée et le rythme des séances s’adaptent à chaque situation.

Références pour aller plus loin : D. Winnicott, « Jeu et réalité » (1971) — sur la construction de l’identité dans le regard de l’autre F. Dolto, « La cause des adolescents » (1988) — sur la fragilité psychique de l’adolescence W. Bion, « Aux sources de l’expérience » (1962) — sur la nécessité d’un espace psychique contenant

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